Ils sont les derniers à être reçus par Nicolas Sarkozy dans le cadre de ses consultations européennes. Comme une manière de souligner que le dernier mot du scrutin du 7 juin leur appartient. Ce matin, le chef de file d’Europe Ecologie, Daniel Cohn-Bendit, et la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, graviront ensemble les marches du perron de l’Elysée avec la même idée en tête : faire fructifier les quelque 16 % de capital électoral réunis pendant la campagne européenne.
Feu vert pour le calendrier
Avec le rassemblement de la famille écologiste, disent-ils, l’avenir leur appartient. Tandis que le PS et le Modem tentent de se relever de leurs déconvenues électorales, le calendrier politique, lui, vire au vert. Avec des élections régionales programmées dans moins d’un an, le parti peut espérer surfer sur la vague de sa victoire et se dit prêt à partir seul au front. «Dans la politique comme dans la nature, la biodiversité est une richesse», a prévenu Daniel Cohn-Bendit dans une tribune au Monde, pour défendre l’autonomie des listes vertes. «Je me sens tout à fait capable de diriger l’Ile-de-France», renchérit, un rien bravache, Jean-Vincent Placé, patron des écologistes dans la Région. Avant cela, le parti dispose d’une autre fenêtre de tir en décembre avec le sommet de Copenhague, où se négocieront les prochains objectifs de réduction
d’émissions de carbone. «La campagne nous enseigne qu’il faut porter un projet positif pour créer de la pression citoyenne et surtout poursuivre le rassemblement», retient le chef de file parisien Denis Baupin, à l’unisson de la patronne des Verts, Cécile Duflot. «Notre campagne a été un succès collectif. Beaucoup de gens se sont retrouvés dans la flexibilité et la diversité de notre rassemblement », insiste celle qui a converti son parti à la culture du consensus.
Le week-end dernier, le Parlement des Verts a plébiscité la poursuite du rassemblement autour de «Dany, Eva (Joly) et José (Bové)».
Denis Baupin participait mercredi 10 juin de 12h à 13h à un chat dans le cadre de l’opération « En ligne pour ta planète : le développement durable en question», organisée par CanalChat Grandialogue en partenariat avec Terra Eco, le Figaro.fr, Yahoo, France 5. Retrouvez l'intégralité de ce chat ci-dessous ou sur : www.enlignepourtaplanete.fr
alain : Comment analysez-vous la victoire d'Europe Ecologie ?
Cette victoire n'est pas seulement française. On le constate dans beaucoup de pays européens. Il y a un message des européens qui veulent plus d'écologie. C'est une excellente nouvelle notamment pour moi qui milite depuis 20 ans. Il y a un courant fort sur ces questions. En plus, cela arrive avant la conférence de Copenhague.
Christian : D'après vous, quels seront les véritables enjeux du sommet de Copenhague ?
Il devrait y avoir entre 50 et 55 députés verts européens. L'enjeu est que les Etats prennent des engagements sur la réduction des gaz à effet de serre. Les scientifiques envisagent même les pires scénarios (fonte des glaces, cataclysme, incendies de forêts...). La situation est alarmiste. Notre responsabilité est de dire la réalité des faits. Les conséquences potentielles sur le plan climatique, agricole peuvent être dévastatrices. Cela peut entrainer des choses graves. Il faudrait une division par 4 des émissions de gaz à effet de serre à horizon 2050. Il faut sur le plan européen faire au moins -30%, voire -40% à horizon 2020. L'excellente nouvelle c'est l'arrivée d'Obama pour les Etats Unis. De même nous attendons des engagements de la Chine, de l'Inde même si leurs émissions sont inférieures à celles de l'Europe. Je suis ni optimiste ni pessimiste sur ce sommet. Mais je mise sur la pression internationale.
Mario89 : Comment faire pour que cette victoire ne soit pas qu'un feu de paille et lui donner une vie plus longue, en Europe mais aussi en France, au niveau national...
L'avantage de ce résultat c'est que nous allons désormais échapper aux enfantillages politiques. Nous devons poursuivre le rassemblement, soumettre des propositions fortes. Nous allons y travailler notamment ce week-end avec notre conseil national des Verts.
Dans les couloirs de la mairie de Paris, c’est la soupe à la grimace, même si en additionnant les scores des verts du PS, la gauche reste largement en tête dans la capitale. Bertrand Delanoë, attendu toute la soirée, ne fera qu’une brève déclaration à minuit. « Un grand nombre des électeurs qui s’étaient reconnus dans le projet que j’ai porté il y a quinze mois a voté pour la liste de Daniel Cohn-Bendit, analyse le maire de Paris. Ce scrutin est un signal d’alarme qui s’adresse à l’ensemble des socialistes. »
« C’est le D-Day de l’écologie politique ! »
Pour Denis Baupin, l'un de ces quatre adjoints, ces résultats aideront à ce que "les critères écologiques remontent de quelques crans dans l'ordre des priorités". "Je pense qu'on aura une oreille plus attentive et des arbitrages plus faciles à obtenir" de la part de l'exécutif parisien, a-t-il dit, "parce que nos collègues socialistes ne sont pas maso, ni suicidaires". Selon lui, "il faut non seulement empêcher les choses négatives, mais aussi construire des choses positives".
Le conseil de Paris débattait lundi de la décentralisation des pouvoirs de l'Hôtel de Ville vers les arrondissement, les Verts souhaitant "qu'on aille plus loin" que les propositions de Bertrand Delanoë
Denis Baupin était invité au meeting Europe Ecologie jeudi 7 mai à Nancy, en soutien à la candidature de Sandrine Bélier, tête de liste dans la région grand Est.
Pour voir le discours de D. Baupin, cliquer sur l'image ci-dessous.
Le mot fait aujourd’hui consensus : nous serions entrés en « crise ». Crise économique : tout le monde en convient. Crise sociale : c’est de plus en plus évident, même si déjà là, le consensus s’effrite. Crise écologique : nous le disons, d’autres reprennent le mot, mais si peu comprennent que ces « crises » ne font qu’une, celle du libéral productivisme, un modèle absurde dont les ressorts même ne pouvaient que conduire à « la crise ».
Sortir de l'ambiguïté
Comme tout mot-valise, le terme dissimule de nombreux désaccords, camouflés derrière ses ambiguïtés. Première ambiguïté : sommes-nous face à une « crise » structurelle ? Ou n’est-elle qu’un simple épisode atypique, dans un long fleuve censé redevenir tranquille une fois celle-ci passée ? A entendre les « grands analystes économiques qui font autorité » - qui n’avaient pas vu la crise venir, mais continuent d’asséner leurs vérités toujours péremptoires - « 2009 sera difficile ; 2010 sonnera la reprise ». Il suffirait donc d’attendre patiemment, que « la crise passe », que quelques correctifs soient mis en place pour « éviter les abus » (contrôler les traders, empêcher la titrisation, etc.), et hop repartir de l’avant comme si de rien n’était… Sarkozy ne dit d'ailleurs pas autre chose quand il définit son rôle comme celui qui doit retarder l'entrée dans la crise, et accélérer la sortie.Le gouvernement organise aujourd’hui des « Etats généraux de l’automobile ». Il était temps, il est déjà extrêmement tard !
Le plus consternant, c’est l’aveuglement dans le diagnostic posé, et par conséquent l’inefficacité des réponses apportées. Là où une réorganisation structurelle profonde serait nécessaire, pour adapter les produits vendus, réorganiser l’ensemble de la production et mettre en place une stratégie
de reconversion industrielle, on se contente d’emplâtres sur des jambes de bois en promettant des financements aux industriels… à la condition de maintenir les sites industriels en France.
Que ces Etats Généraux de l’Automobile à rebours de l’histoire se tiennent le jour même où un nouveau Président entre en fonction aux Etats-Unis, qui lui s’apprête à conditionner l’aide aux constructeurs à une véritable reconversion, n’est pas le moindre des paradoxes. Cela en dit long sur le très faible niveau d’analyse des dirigeants français.
Rien de tel qu’un épisode climatique un peu atypique, comme celui que nous vivons depuis quelques jours, pour vérifier la forte vulnérabilité sociale, énergétique et économique de nos sociétés. Confirmation est
donnée que la robustesse climatique reste à construire, qu’elle doit être anticipée et organisée. Et ce d’autant plus que l’épisode actuel est une bien pâle copie de ce qui pourrait nous attendre dans quelques années, et en pire encore, dans quelques décennies.
Vulnérabilité sociale d’abord : comme chaque année, des dizaines de personnes mourront seules, de froid, dans la rue, dans les bois, ou chez elles, dans un pays qui est pourtant l’un des plus riches du monde, où le niveau de confort moyen n’a jamais été aussi élevé, mais où les disparités ne cessent de s’aggraver entre ceux qui se gavent au Fouquet’s et les victimes de ce vaste laminoir. On aurait aimé entendre le premier ministre français exprimer la même indignation face aux morts de la rue que pour dénoncer un aéroport et quelques autoroutes fermées : deux poids, deux mesures. On aurait aimé que les gigantesques moyens médiatiques mis en œuvre autour du sauvetage d’un navigateur ou d’un pilote du « Dakar », qui se sont mis eux-mêmes en danger dans la société du spectacle, soient déployés pour celles et ceux qui, à leur corps défendant, se retrouvent au ban de la société, loin des caméras. Y a-t-il des vies qui valent plus que d’autres ? Parce qu’elles sont médiatiquement plus valorisables ?





















































