Archives • Février 2012
Mardi 21 février 2012 - 12 H 35  | Aucune réaction pour l'instant

Billet de Denis Baupin diffusé sur le site du Nouvels Obs, à lire ici

LE PLUS. 1,58 euro pour un litre de sans plomb 95, 1,62 euro pour du sans plomb 98 : les prix de l'essence à la pompe atteignent de nouveaux records. Denis Baupin, maire adjoint de Paris (EELV) tire la sonnette d'alarme : il faut mettre en place une vraie politique de transition, afin que le carburant n'ait plus une place aussi centrale.

Le prix de l’essence à la pompe atteint aujourd'hui des niveaux record. Et ça n’est pas près de s’arrêter : on continue à consommer toujours plus de pétrole sur la planète, alors que la production ne suit pas, et que les tensions géopolitiques liées au contrôle de la ressource ne peuvent que pousser toujours plus les prix à la hausse.

Christophe de Margerie, PDG de Total - ALEXEY DRUZHININ / AFP

Christophe de Margerie, PDG de Total - ALEXEY DRUZHININ / AFP

Pour l’écologiste que je suis, c’est tout sauf une surprise. Ce qui reste par contre consternant, c'est l'incapacité des responsables à anticiper cette situation, malgré les nombreux signaux d’alerte... notamment le rapport 2011 de l’Agence Internationale de l’Énergie qui estime que le "peak oil" [1] a probablement été atteint dès 2006, confirmant que la hausse des prix est structurelle.

Des conséquences économiques et sociales potentiellement catastrophiques

Malgré cela, aucune réaction, aucune anticipation des pouvoirs politiques, tant au niveau français qu'européen. Alors que nous vivons dans des économies petro dépendantes, et que les conséquences économiques et sociales de cette hausse sont potentiellement catastrophiques, cette attitude est irresponsable.

Des millions de ménages dépendants de leur véhicule automobile, des dizaines de milliers de salariés du secteur de l’automobile et de la logistique sont directement menacés et pris en otage. Et indirectement des centaines de milliers d’emplois dont les produits intermédiaires sont transportés vont voir l’équilibre économique de leur activité menacé, des millions de ménages vont voir leur pouvoir d’achat directement et indirectement réduit. Mais les responsables politiques restent les bras croisés, impuissants.

Précisons tout de suite que les mesures du type TIPP flottante ne sauraient constituer une réponse, tant elles ne feraient que reculer le problème – et donc l’aggraver – en masquant artificiellement la hausse et en retardant les adaptations structurelles. Des réponses urgentes, afin d’amortir le choc pour les ménages et les entreprises les plus pétro-dépendantes et les plus fragiles sont sans doute nécessaires, mais elles ne peuvent qu’être provisoires et doivent s’inscrire dans une politique globale de transition.

Celle-ci pourrait prendre plusieurs formes :

- Donner un coup d’accélérateur majeur au développement de transports collectifsaccessibles à tous. Cela vaut pour les transports urbains (métro, bus, tram) et pour les transports ferroviaires nationaux et régionaux. Mais pourquoi ne pas imaginer de franchir une nouvelle étape, facile à mettre en œuvre et peu coûteuse : faire au niveau national ce que nous avons fait en ville avec les couloirs de bus en mettant en place un réseau d’autocars réguliers, peu polluants, modernes et confortables qui irriguerait le territoire notamment en utilisant des voies réservées sur les autoroutes ? L’État doit dorénavant s’affirmer comme une véritable autorité organisatrice des déplacements durables et reprendre à son compte les moyens financiers (péages autoroutiers notamment) absurdement dévolus au privé.

- Engager la mutation du secteur automobile, avec reconversion industrielle pour sauver les dizaines de milliers d’emplois menacés par la crise majeure que traverse cette industrie. Cette reconversion – à discuter avec les principaux intéressés, les salariés et leurs organisations – peut se faire à la fois dans la construction de transports collectifs mais aussi la production de petits véhicules moins puissants, moins rapides, moins lourds et donc moins consommateurs (en visant les 1l/100km), moins polluants, moins chers à l’achat et la construction. La logique Negawatt peut s’appliquer à l'automobile en construisant des véhicules beaucoup plus sobres, et à durée de vie plus longue : assurer le service (la mobilité) mais de façon beaucoup plus efficace. L'État aide massivement le secteur automobile : il doit dorénavant orienter ces aides vers la mutation industrielle que bien d’autres pays ont engagée.

- Favoriser les modes de déplacement alternatifs à la voiture en solo : co-voiturage, auto-partage, services de transport à la demande, mais aussi une véritable politique nationale en faveur du vélo – et non l’ersatz présenté en dernière minute par un ministre des Transports tentant de faire oublier 10 ans d’inaction – avec mesures économiques incitatives, code de la rue, aménagements, etc.

- Transporter efficacement et sobrement les marchandises : sortir du "tout-camion" en affirmant une politique et une autorité nationale en la matière (intégrée à une vision européenne), en développant les alternatives ferroviaire (en s’inspirant de l’exemple suisse), fluviale et maritime, mais plus encore en favorisant le raccourcissement des distances pour lutter contre les délocalisations et prioriser les circuits courts, en faisant payer son juste coût aux transports. Là encore, il faut anticiper et accompagner ces changements plutôt que de les subir, et faire évoluer les emplois du transport routier et de la logistique en privilégiant la qualité du service rendu à la distance effectuée, le développement des fonctions plus intensives en emploi qu'en consommation énergétique.

Un employé change les prix de l'essence à une station à Senlis près de Paris le 18 août 2011 (P.HUGUEN/AFP)

Un employé change les prix de l'essence à une station à Senlis près de Paris le 18 août 2011 (P.HUGUEN/AFP)

Il y a des alternatives au pétrole, mais elles posent des problèmes

Une ultime question mérite d’être posée: n’existe-t-il pas une source énergétique alternative au pétrole qui nous exonérerait de ces transformations ? A l’évidence non. Qu’on se tourne vers l’électricité, le gaz ou les agro-carburants, certes chacun d’eux peut contribuer à amortir le choc pétrolier, mais force est de constater qu’ils posent des problèmes environnementaux majeurs (nucléaire, dérèglement climatique, compétition avec l’alimentation dans l’utilisation des sols) et que chacun d’entre eux est loin d’avoir la maturité technologique suffisante pour remplacer l’or noir.

Qu'on le veuille ou non, ces mutations sont donc incontournables. Plus on les anticipera, plus on sera en capacité de réduire le caractère dramatique et anxiogène que revêt toute mutation.

[1] Le Peak Oil (ou pic pétrolier) est le moment où la production de pétrole commence à décliner en raison de la raréfaction de la ressource.

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Mercredi 15 février 2012 - 18 H 30  | Aucune réaction pour l'instant

Les enjeux écologiques sont au coeur de la crise et de la campagne

Contribution de Denis Baupin à ce débat

http://www.newsring.fr/planete-sciences/287-presidentielle-la-crise-a-t-elle-balaye-lecologie/5504-les-enjeux-ecologiques-sont-au-coeur-de-la-crise-et-de-la-campagne

J'entends souvent dire que dans la campagne présidentielle précédente, on aurait plus parlé d'écologie. Oui, on en a parlé au moment du pacte écologique de Nicolas Hulot, mais il a été fait et on n'en a plus reparlé ensuite. Ça avait tué le débat dans la campagne. Là, on n'a jamais autant parlé d'écologie et des problématiques d'énergie que dans cette campagne là, de toute la Ve République.

Pourquoi la crise ne balaie pas l'écologie de la campagne ? Parce que les causes de cette crise économique sont profondément écologiques, et les réponses elles-mêmes le sont.

Les crises actuelles, les subprimes, la crise des États européens sont des crises d'endettement liées au fait que le système économique dans lequel nous sommes, pour exister, a besoin de la croissance. Et quand il n'est plus capable de la faire, il la simule en faisant de l'endettement. C'est un cercle vicieux, la cause est fondamentalement liée au mode de développement et se heurte d'autant plus à une incapacité à être résolue qu'elle a engendré des conséquences écologiques qui se retournent aujourd'hui contre l'économie.

La surexploitation des ressources naturelles, et notamment du pétrole, est l'une des causes majeures des récessions. Si on continue dans ce système, on se retrouvera à re-consommer massivement du pétrole, ce qui pousse les prix vers le haut parce que la consommation est plus importante que la récession que la production , Et c'est cette nouvelle hausse qui provoque la récession. La boucle est bouclée.

Pour une mutation écologique, économique et sociale

Il faut traiter les causes. La démonstration est faite, dans des pays comme l’Allemagne, qu'on peut avoir une politique qui répond au souci écologique tout en étant créatrice d'emploi et qui réponde à des enjeux de justice sociale comme de pouvoir d'achat.

Un exemple : la réhabilitation thermique d'un logement est bonne :

  • pour l'environnement parce qu'elle réduit la facture énergétique ;
  • pour le social parce que les précaires énergétiques voient leur facture baisser
  • pour l'économie parce que c'est extrêmement créateur d'emplois non délocalisables

Il y a une mutation industrielle et énergétique opérée par l'Allemagne et pas mal d'autres pays dans le monde qui consiste à passer d'une économie intensive et petrodépendante vers l’économie verte, qui porte des réponses aux aspects écologiques tout en soutenant l'emploi. La France a raté ce tournant car on est persuadé qu'avec le nucléaire on n'a pas besoin de faire d'économies.

C'est un raisonnement bien plus complexe à formuler que le discours dominant qui consiste à dire qu'on a une baguette magique qui s'appelle la croissance et qui va tout résoudre. Ça fait des décennies qu'on nous raconte la même histoire, on va dans le mur.

Nous n'avons pas réussi, et c'est notre faiblesse, à rendre notre discours aussi lisible que l'est celui sur la croissance. C'est tout l'enjeu des deux mois à venir.

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Mercredi 15 février 2012 - 16 H 53  | Aucune réaction pour l'instant

Grand Paris : trois piliers

pour une gouvernance métropolitaine

Le Maire de Paris a proposé la création d’une confédération métropolitaine. Pour les écologistes, une métropole efficace suppose une intégration plus affirmée, reposant sur trois institutions : un Conseil métropolitain (élu), une Conférence des communes et un Conseil du développement durable. Le territoire comprendrait au moins Paris et la petite couronne, mais laisserait toute sa place à la Région Ile-de-France. Priorité des priorités, le logement doit bénéficier d’une convergence des plans locaux d’urbanisme (PLU) et des plans locaux de l’habitat (PHL).


Les débats au conseil de Paris

Un plan vélo 2012 encourageant… … mais la qualité de l’air inquiète Les écologistes ont approuvé le programme d’aménagement cyclable pour 2012, malgré plusieurs carences (notamment dans le bois de Vincennes) et une concertation insuffisante. Ils ont aussi interpelé le préfet de Police alors que Paris subit de nouveaux pics de pollution.

Bloquage  des  voies  sur  berges François Fillon et l’UMP s’enferment dans le tout-automobile Les écologistes ont fustigé le veto du Premier Ministre qui retarde l’aménagement des berges de Seine. Cet épisode rappelle la nécessité légale de reconnaître enfin Paris comme une municipalité de plein droit, ayant la responsabilité de son espace public.

aménagement de la Bassée Les illusions d’un projet trop coûteux Un certain nombre de départements franciliens, dont Paris, sont toujours vulnérables au risque de crue centennale. Mais le projet actuel d’aménagement de la plaine de la Bassée (Seine-et-Marne) suscite de graves inquiétudes financières et environnementales.

Marchés pour l’entretien des espaces verts La Ville s’ouvre aux structures d’insertion Les structures d’insertion et en secteur protégé et adapté auront désormais les moyens de répondre aux appels d’offre pour l’entretien des espaces verts. Cette initiative pionnière mérite d’être élargie aux autres domaines d’intervention de la Ville. Les écologistes ont ainsi demandé des aménagements dans les procédures d’attribution de tous les marchés publics.

Attribution  des  logements  sociaux Une MIE pour favoriser la transparence A l’initiative du groupe EELVA, une Mission d’information et d’évaluation (MIE) sur les méthodes d’attribution des logements sociaux parisiens a été lancée. D’ici l’été 2012, elle proposera des pistes pour renforcer la transparence.

Autres  voeux  et  amendements

Logement

Vœu relatif à la vente à la découpe de l’immeuble situé 25-31 rue Pradier (19e) Le groupe GECINA prévoit de vendre à la découpe deux immeubles qui comptent 203 appartements, soit 600 personnes. A un prix moyen dans le quartier de 6800€/m2, seul un très faible nombre de ménages seront en capacité de racheter leur logement. Les écologistes ont repris au Conseil de Paris un vœu du 19e arrondissement demandant à la Ville et à GECINA d’apporter des garanties aux locataires. Un vœu de l’exécutif reprenant différentes demandes a été adopté.

Vœu relatif à l’interdiction de la vente à la découpe et aux outils de lutte contre la spéculation Pour 300 M€ au total, GECINA annonce d’autres cessions à la découpe dans les 14e, 15e et 19e arrondissements. Face à cette pratique, véritable drame social pour les ménages les plus fragiles, la Ville doit obtenir de véritables capacités d’intervention et porter la question au Parlement, afin de rendre impossible le congé vente des locataires concernés. Après négociations, un vœu de l’exécutif a été adopté.

Environnement / Urbanisme

Vœu relatif à l’installation de trois antennes-relais de téléphonie mobile (14e) Free Mobile  a installé ses antennes sur un toit rue de la Santé, à proximité d’établissements sensibles, malgré l’avis défavorable de la mairie du 14e et l’émoi des riverains. Les éluEs EELVA demandent leur retrait. Après négociations, un vœu de l’exécutif demandant notamment à l’opérateur de renoncer à la mise en service, dans l’attente de l’organisation d’une réunion publique, a été adopté à l’unanimité.

Vœu cosigné EELVA – PC/PG relatif aux réserves pour équipements publics Dans le cadre du projet de modification du PLU, écologistes et communistes ont déposé un vœu des éluEs du 20e arrondissement, visant à faire inscrire de nouvelles réserves pour les équipements publics, nécessaires au regard de la hausse démographique et de la pression immobilière. Un vœu de l’exécutif (reprécisant l’engagement) a été adopté.

Société

Vœu relatif à l’accès à l’interruption volontaire de grossesse L’accès à l’IVG est un droit des femmes depuis 1975, pour lequel il faut lutter aujourd’hui encore. Les éluEs écologistes s’alarment de la diminution des structures pratiquant les IVG en Île-de-France et des menaces actuelles de réorganisations. Aussi, le Maire doit réaffirmer son attachement à l’accès pour toutes les femmes à l’IVG et s’opposer à tout projet de fermeture de centre. Le vœu a été adopté à l’unanimité.

Vœu relatif à la grille tarifaire dans les centres d’animation Les activités des centres d’animation sont visées par une réforme financière. Les tarifs, calculés en fonction du Quotient Familial, diminueront pour les personnes à faibles revenus et augmenteront pour les plus aisés. Le groupe EELVA propose d’aller plus loin, en proposant la création de deux tranches pour les revenus supérieurs et le maintien d’une réduction de 20% pour le 2e enfant. Un vœu de l’exécutif a été adopté, engageant notamment une étude d’impact d’ici juin 2012 pour la création de nouvelles tranches supérieures de revenus.

Vœu contre la marchandisation de l’espace public à Montmartre (18e) Le nombre de manifestations commerciales à Montmartre a considérablement augmenté. Afin de préserver le bien-être des habitants, des commerçants et la vocation citoyenne de l’espace public, le nombre de manifestations commerciales sera restreint, en concertation avec la municipalité du 18e. Le vœu a été adopté.

Amendement pour adapter le programme hôtelier avenue Daumesnil aux besoins du tourisme familial (12e) La Ville lance une consultation pour la réalisation envisagée d’un programme hôtelier de 3/4 étoiles avenue Daumesnil. Au regard de la multiplication des hôtels de luxe à Paris au détriment de l’offre familiale, les éluEs EELVA proposent que cette consultation puisse plutôt cibler des offres de résidences de tourisme (ou « appart hôtel »), de 2 étoiles minimum. Un amendement de l’exécutif (s’engageant à envisager une résidence de tourisme ou un hôtel d’au minimum 2 étoiles) a été adopté.

Médias / Culture

Vœu pour le maintien de l’emploi à RFI, France 24 et Monte-Carlo Doualiya La fusion de Radio France International et France 24 doit provoquer un second plan  social à RFI et la suppression de 126 postes, ce qui aggraverait une situation de l’emploi déjà difficile à Paris. Les éluEs EELVA demandent au Maire de Paris d’interpeler le ministre de la Culture et de la Communication pour s’opposer à ce projet de fusion. Le voeu a été adopté.

Vœu relatif aux ouvrages jeunesse des bibliothèques Les livres jeunesse sont les plus empruntés du réseau des bibliothèques parisiennes. Les écologistes demandent leur accueil dans la réserve centrale pour que des exemplaires puissent être conservés. Il s’agit de sauvegarder notre mémoire d’enfant, et ces ouvrages qui ont émus les ParisienNEs. Le vœu est adopté, légèrement modifié : la mention demandant l’ouverture de la réserve centrale aux livres de jeunesse est ôtée, mais la création de dépôts localisés sera envisagée, notamment à la médiathèque Saint-Lazare.

International

Vœu pour un soutien au peuple syrien La Ville soutient le peuple syrien, brutalement réprimé depuis dix mois par le régime en place, en assurant la sécurité des opposants et en leur permettant d’utiliser des locaux municipaux pour leurs réunions publiques à Paris. Le vœu a été adopté.

Vœu EELVA / PC-PG relatif à la libération de Mumia Abu-Jamal Après 28 années passées dans le couloir de la mort et à l’issue d’une longue bataille juridique, Mumia Abu-Jamal a enfin vu sa peine commuée en prison à perpétuité. La Ville demande sa libération. Le vœu a été adopté.

Dernière séance du conseil : l’intégrale Compte-rendu intégral des interventions, vœux et amendements du groupe

Vous vous intéressez à l’écologie ? Faites un tour sur le site d’EELV-Paris !

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Mercredi 15 février 2012 - 12 H 30  | Aucune réaction pour l'instant
Le 26 janvier, le ministre des Transports, Thierry Mariani, et Philippe Goujon, député de Paris et maire du XVe arrondissement, ont annoncé en grande pompe un plan national vélo... sans moyens et sans réels engagements. Certes, on aurait tort de sous-estimer la conversion qu'a nécessitée pour certains élus la seule reconnaissance du caractère positif du vélo comme moyen de déplacement. Il y a quelques années encore, M. Goujon n’hésitait pas à bloquer lui-même physiquement la réalisation de pistes cyclables dans son arrondissement ! L'évolution du discours est donc à saluer... Mais des annonces aux réalisations, il reste encore du chemin ! Certes, le ministre a confirmé des décisions acquises depuis plusieurs mois (fourniture du panneau tant attendu suite au décret de novembre 2010 autorisant le "tourne à droite" des vélos au feu rouge, surfaces minimales dans l’arrêté à paraître sur le stationnement des vélos dans les constructions à compter du 1er janvier 2012) mais, pour le reste, on nous propose de nous contenter de projets hypothétiques, de vœux et d’engagements d'études. Ainsi de l'indemnité kilométrique vélo, pourtant annoncée comme la "mesure phare" de son rapport remis par M. Goujon au Ministre des Transports, renvoyée pour la nième fois à une étude préalable. Et pour enfoncer le clou, le Premier ministre lui-même, n'a pas hésité à accompagner sa candidature aux Législatives à Paris d'un veto gouvernemental à l'un des principaux projets cyclables parisiens : la reconquête des berges de la Seine. A peine le "plan" était-il annoncé, que le chef du gouvernement montrait à quel point le vélo restait pour lui la dernière roue du carrosse. En ce sens, c'est donc bien la continuité qui est à l'ordre du jour. Depuis 10 ans, les gouvernements successifs ont en effet repoussé toutes les propositions portées par les associations d'usagers du vélo, les collectivités impliquées dans des politiques cyclables ainsi que par les industriels du vélo, afin de développer une véritable politique nationale dotée notamment d'outils économiques (l'indemnité kilométrique vélo, une TVA réduite, la prise en compte du vélo dans le bonus/malus ou dans le chèque transport) indispensables pour reconnaître aux deux-roues non motorisés un statut au moins aussi favorable qu’aux autres moyens de déplacement. De même, a été stoppée net la démarche d’évolution du Code de la route vers un véritable Code de la rue (à l'image de celui qui existe en Belgique depuis 2004) pour une meilleure prise en compte des usagers vulnérables (piétons, cyclistes, personnes handicapées et âgées). Ou encore la demande d'une réglementation renforçant la capacité des conducteurs de poids lourds à bien appréhender l'ensemble des alentours de leurs véhicules afin de supprimer l'effet "angle mort" particulièrement mortel dans les centres villes, de même la mise en œuvre de campagnes de sensibilisation de tous les usagers de la rue (cyclistes compris) aux comportements les moins risqués en ville. Sans parler des refus systématiques d'accroître les budgets consacrés aux aménagements cyclables (le Club des villes et territoires cyclables propose d'y consacrer 10% des investissements routiers), la mise en place d'itinéraires cyclables nationaux et internationaux, ou encore d'un marquage systématique des vélos (permettant notamment aux services de police de restituer les vélos volés récupérés). Dans de nombreux pays européens, ces mesures simples sont en vigueur depuis longtemps et ont permis de faire du vélo un mode de déplacement à part entière, notamment en ville. Les avantages pour la collectivité sont nombreux : écologiques évidemment en réduisant les pollutions (gaz toxiques, effet de serre), sanitaires car l'usage régulier du vélo réduit les risques d'accidents cardiaques, de cancers…, sociaux en donnant un meilleur accès à la mobilité à ceux qui n'ont pas les moyens d'avoir une voiture, mais aussi économiques, à la fois en réduisant notre dépendance au pétrole et par le potentiel de dizaines de milliers d'emplois dans la fabrication, la vente, la location, la réparation et le recyclage de vélos. Le succès de Vélib’ et de Vélo’v l'a montré : pour peu qu'on rende le vélo agréable et facile d'accès, nos concitoyens peuvent devenir des usagers réguliers ou occasionnels du vélo. En mettant en œuvre une véritable politique nationale vélo - là où aujourd'hui seules les collectivités agissent - on peut dorénavant joindre l'utile à l'agréable : au moment où le prix du pétrole ne cesse de croître, le vélo a sa place dans les réponses à la crise (au côté des transports collectifs, de la voiture partagée…) pour concilier industrie, emploi, mobilité et écologie. Il est temps que l'Etat vole au secours du succès ! Denis Baupin, Adjoint au Maire de Paris chargé du développement durable, de l'environnement et du Plan climat, Ancien Président du Club des villes et territoires cyclables (2004 à 2008) et Jean-Marie Darmian, Président du Club des villes et territoires cyclables, Maire de Créon (33), Vice-Président du Conseil général de Gironde  » Lire l'article
Lundi 13 février 2012 - 19 H 00  | Aucune réaction pour l'instant
Communiqué de presse EELV du 13 février 2012
Ce lundi 13 février, le tribunal de grande instance de Lyon a reconnu la responsabilité de la société Monsanto dans l'intoxication d'un agriculteur charentais en 2004 par un puissant herbicide. Il s'agit d'une première en France. Le 27 avril 2004, Paul François, un céréalier de Bernac (Charentes) aujourd'hui âgé de 47 ans, avait reçu au visage des vapeurs de Lasso, puissant désherbant produit par Monsanto, en ouvrant normalement la cuve de son pulvérisateur. Très rapidement pris d'une multitude de troubles physiques, l'agriculteur fut obligé d'interrompre son activité pendant près d'un an, avant de devenir le porte-parole des victimes des pesticides et d'obtenir en justice la reconnaissance de ses troubles comme maladie professionnelle par la Mutualité sociale agricole. Paul François lança alors une procédure en responsabilité civile contre le numéro un mondial de l'agro-chimie Monsanto. Le TGI de Lyon a reconnu aujourd'hui que la multinationale était bien responsable de l'intoxication de l'agriculteur. Monsanto devra donc indemniser l'agriculteur de la totalité de son préjudice. C'est la première fois que la société Monsanto aura à payer des dommages et intérêts à une victime de ses produits. Monsanto avait pourtant tout tenté auprès des autorités françaises pour que l'herbicide Lasso ne soit pas retiré du marché français, alors qu'il avait été reconnu comme dangereux et interdit par plusieurs pays comme la Belgique ou le Royaume-Uni dès les années 90. Il aura fallu attendre 2007 pour qu'il le soit enfin en France. Pour Europe Écologie-Les Verts, cette décision est une excellente nouvelle devant être amenée à faire jurisprudence. En effet, à l'image de Paul François, des milliers d'agriculteurs manipulent chaque jour en France des produits extrêmement toxiques et nombre d'entre eux déclarent parfois des maladies graves. Systématiquement, les fabricants de ces produits chimiques nient le lien pouvant être fait entre leur utilisation et les maladies dont sont victimes ensuite nombre de leurs utilisateurs. Et la France s'illustre souvent par son inertie face à des produits pourtant reconnus comme dangereux des années auparavant par certains de ses partenaires européens. Plus que jamais, face aux pressions des multinationales qui font prévaloir leurs profits au détriment de l'intérêt général et des objectifs de santé publique, EELV en appelle au législateur pour enfin introduire dans le droit français la possibilité des "class actions", ou actions de groupe. Celles-ci permettraient à minima aux citoyens de pouvoir essayer de se battre à armes égales avec de grandes firmes telles que Monsanto. EELV demande également que le règlement REACH, censé garantir un niveau de protection élevé des consommateurs et de l'environnement sur l'ensemble des Etats membres de l'Union européenne, s'impose de façon ambitieuse et efficace pour interdire de manière préventive des produits tels que le Lasso de Monsanto, quelles que soient par ailleurs les actions de lobbying opérées par les grands groupes pour pouvoir continuer à vendre en toute liberté de véritables "poisons" . Par ailleurs, il serait temps que la charge de la preuve en matière de risque sanitaire soit inversée et qu'il appartienne aux grandes sociétés industrielles de démontrer de manière effective l'innocuité de leurs produits en cas d'accident.
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Lundi 13 février 2012 - 18 H 23  | Aucune réaction pour l'instant
Présentation du projet présidentiel d'Eva Joly à Roubaix le 11 février 2012, en présence de Cécile Duflot, Noël Mamère, Dominique Voynet... Le programme à télécharger ici : http://evajoly2012.fr/files/2012/02/projet-evajoly-final1.pdf  » Lire l'article
Lundi 13 février 2012 - 18 H 07  | Aucune réaction pour l'instant
(Crédit photo : DR)
Vidéo - Alors que l'Hexagone vient de battre un nouveau record de consommation d'électricité, retour sur vingt ans de matraquage publicitaire en faveur du chauffage électrique.

Près d’un logement sur trois se chauffe à l’électricité en France. Ce mode de chauffage s’est considérablement étendu en France depuis 1975. A l’époque, 20% des logements neufs optaient pour l’électrique, contre 80% aujourd’hui. Un choix clair et net, que la France est la seule à avoir fait. Selon une étude menée par l’association Alternative pour les énergies renouvelables et l’environnement (pour le compte de Greenpeace et à partir de données de 2005), les ménages français posséderaient à eux seuls autant d’appareils de chauffage électriques que l’ensemble des foyers européens réunis. Ailleurs la pratique est rare. Le Danemark l’a tout bonnement interdit tandis que la Belgique en a proscrit la publicité. Et pour cause, ce mode de chauffage a de graves inconvénients (voir encadré).

Comment expliquer cette spécificité française ? A Terra eco, notre petit doigt nous dit que c’est en bonne partie grâce au lobbying d’EDF qui [a montré sa capacité à défendre le chauffage électrique pendant le Grenelle mais aussi grâce à ses très nombreuses publicités. La preuve en image :

Tout commence en 1972, où en 46 secondes et avec une pub animée en noir et blanc, EDF avance que le « chauffage électrique intégré isole du bruit » et qu’avec lui « les plantes revivent, les balais balaient moins, les odeurs s’évanouissent, les enfants s’enrhument moins l’hiver, tout le monde est plus heureux ». Conclusion : « le chauffage électrique intégré recrée les conditions naturelles de la vie. » Une perle à visionner ci-dessous.

En 1986, en couleur cette fois, EDF fait rouler un petit garçon sur une musique jazzy dans un appartement pour vanter son système « bien-être ». La pub loue notamment la bonne régulation et le confort du système, sans cette fois citer le terme « chauffage électrique ». Les références aux watts sont plus subtiles : la maison a la forme d’une prise électrique, et le spot se termine sur le très subtil jeu de mot « soyez courant » :

En 1991, retour au dessin. Une femme à la voix lascive vante les mérites de son « chauffage électrique » qui « a déjà tout chauffé avant de (la) voir arriver ». Elle prend même son chauffage, représenté par un homme chauve en toge, dans les bras. Là encore, tout se passe comme si c’était grâce à l’énergie électrique que l’on peut se chauffer intelligemment et avec un thermostat :

En 1992, retour du même couple, et de la même stratégie. La femme EDF célèbre à nouveau les mérites de la programmation de la chaleur : « Mon chauffage électrique, je règle son thermostat une fois pour toute et après on ne voit plus le temps passer » :

En 2000, changement de tactique. Le système vendu et vanté s’appelle désormais Vivrelec. La publicité annonce une « révolution » dans le chauffage électrique. A l’époque, EDF va jusqu’à verser une prime aux acquéreurs d’un logement neuf qui se chauffent à l’électrique. Une prime qui durera jusqu’en 2004.

En 2001, nouvelle publicité pour Vivrelec, qui flatte les vertus de l’électrique, mais sans le nommer. Peu de nouveauté dans cette pub, mais on ne résiste pas à regarder cet homme qui n’arrive pas à quitter sa maison tant il aime « ses serviettes toujours tièdes ».

En 2004 , encore une pub pour Vivrelec. Cette fois, elle montre une famille dont les enfants tristes sont contraints d’ouvrir leurs cadeaux de Noël dans la neige. Et leur propose de rénover leur chauffage électrique via un numéro azur. No comment.


Un choix doublement dommageable

La France a battu mardi un nouveau record de consommation d’électricité. Le principal responsable de ces pics de consommation est le chauffage électrique. Ce ne sont pas les anti-nucléaires qui le disent mais RTE, Réseau de transport d’électricité, la filiale d’EDF chargée de veiller à l’équilibre entre consommation et production. Dans son rapport annuel 2011, elle indique :« L’usage du chauffage électrique augmente la sensibilité de la consommation aux températures froides. Cette sensibilité à la température de la consommation d’électricité est aujourd’hui de 2 300 MW par degré à 19h, heure de la pointe de consommation journalière en hiver. Elle n’a cessé de progresser ces dix dernières années, gagnant près de 70 MW par an. » Résultat, en hiver, un degré de moins entraîne une augmentation de la consommation équivalent à deux fois celle de la ville de Marseille.

Deuxième problème de cette production : elle entraîne beaucoup de pertes. En effet, le circuit de production de chaleur via l’électricité, principalement nucléaire, est plein d’embûches. Il faut d’abord que la centrale produise de la chaleur qui va être transformée en électricité. Mais cette électricité doit à nouveau être transformée via votre chauffage avant de vous réchauffer les mimines. Résultat : plus de 72% de l’énergie est perdue dans ce circuit. Un manque d’efficacité qui valent aux convecteurs électriques le surnom moqueur de « grille-pain ».

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Lundi 13 février 2012 - 18 H 00  | Aucune réaction pour l'instant

Communiqué du 13 février 2012

Trois jours avant la présentation officielle du rapport de la Commission Energies 2050 mise en place le 11 octobre 2011 par le ministre de l’industrie Eric Besson, la publication par ses services d’un petit document de 7 pages intitulé Enseignements préliminaires du rapport « Energies 2050 » met en évidence la tentative de manipulation grossière de l’opinion mise en place par le Gouvernement avec l’aide (volontaire ou non) de la Commission Energies 2050. Ce petit document, joliment illustré d’arbres verts, réussit dans les 7 pages qui le composent à éviter les mots clés du débat énergétique engagé à l’occasion des présidentielles : • Le mot de sûreté du parc nucléaire n’y apparaît jamais, alors que c’est évidemment un point majeur du débat. Manifestement, la catastrophe de Fukushima ne s’est jamais produite... • Le mot d’économie d’électricité n’y figure pas non plus alors qu’il est une composante majeure des stratégies alternatives présentées par l’opposition à la stratégie de poursuite du nucléaire. • Le mot de facture électrique pour l’usager n’y figure pas non plus, permettant ainsi de réduire le débat à la comparaison des coûts de production d’électricité (le coût du kWh) et « d’oublier » que la facture électrique est le produit d’un coût au kWh par une quantité d’électricité. Ces éléments de « non langage » permettent à Eric Besson de réduire pratiquement la question de la transition énergétique à celle de la production d’électricité, au sein de laquelle il ne s’intéresse qu’au nucléaire, et de justifier le choix d’une prolongation de la durée de vie du parc actuel au nom de considérations économiques tronquées et au mépris total de considérations de sûreté et de sécurité nucléaires. Global Chance avait dénoncé dès le 27 janvier dernier dans une analyse critique du rapport préliminaire de la Commission les prémisses d’une telle dérive en déclarant : « Ce document est un exercice de médiocre qualité, biaisé par des erreurs factuelles, des non dits, des hypothèses implicites et des omissions majeures, sans aucune analyse de cohérence, ni aucun recul par rapport aux études analysées. Il distille ça et là des affirmations non étayées qui relèvent plus de partis pris ou d’opinions subjectives que de jugements objectifs. Cette complaisance et cette médiocrité méthodologique nuisent gravement aux conclusions qui sont ainsi suggérées, sinon proposées aux pouvoirs publics pour une politique énergétique à long terme de la France. » Global Chance dénonce cette tentative de manipulation irresponsable de l’opinion, qui s’appuie sur les conclusions d’un rapport médiocre partial et bâclé. Nos concitoyens sont en droit d’attendre un débat argumenté sur les questions énergétiques et non pas une « communication gouvernementale » partisane, gommant délibérément les préoccupations légitimes de sûreté nucléaire et de sécurité qu’ils expriment et les questions principales de la transition énergétique. Benjamin Dessus et Bernard Laponche  » Lire l'article